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La peinture en perspective connue dès l’Antiquité, bien avant la Renaissance

dimanche 7 juillet 2013, par Alexandre Tomas


La Renaissance italienne invente la perspective

La perspective en peinture, serait une invention de la Renaissance italienne. Je vous invite à voir la page du site du Collège de L’estérel à Saint-Raphaël qui explique de manière concise et efficace l’arrivée de la perspective en peinture ainsi que la méthode utilisée.

Wikipedia dans son article intitulé Art de la Renaissance nous apprend que la première Renaissance 1400-1450 a pour capitale Florence. On nous explique qu’il s’agit de se dégager de la scolastique [1] médiévale en revenant aux modèles antiques, la perspective -précise-t-on- ayant été inventée en 1409 par Brunelleschi, Donatello et Masaccio.

La sculpture et l’architecture notamment s’inspirent largement des modèles antiques, profitant de quelques découvertes archéologiques, et permettant un retour aux formes réalistes en sculpture et à un modèle différent du modèle gothique en architecture.

La peinture en perspective de la Renaissance aurait été une réelle invention et nouveauté. Toutefois la redécouverte ultérieure de la ville oubliée de Pompéi [2], semble remettre en question tout au moins cette nouveauté...

Pompéi, la perspective connue déjà dès l’Antiquité

La citée de Pompéi et les autres villes alentours enfouies elles aussi en l’an 79 de notre ère, sont tombées dans l’oubli pendant près de 1500 ans. Les premières peintures furent découvertes en 1592 par hasard leur du creusement d’un canal mais furent aussitôt recouvertes de terre, soit par censure, soit par souci de préservation dans un climat de réforme catholique, d’autant que ces peintures présentaient des éléments de nudité. Par la suite les fouilles s’enchaînèrent de 1748 à nos jours.

Voici donc quelques fresques murales de l’antiquité découvertes à l’occasion des fouilles.

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Persée et Andromède
source Wikipédia
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Fresque de la villa de Julia Félix
source Wikipédia
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Ménandre
source Wikipédia
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Fresque de la maison de Vénus
source Wikipédia
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Fresque de la maison de Jason, représentant l’enlèvement d’Europe
source http://jmguieu.free.fr/Enseignement...
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Les Trois Muses. Fragment de décoration de la maison de Titus Dentatius Panthera à Pompéi
source rfi.fr
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Peinture murale du boulanger Terentius Neo et sa femme
source lesechos.fr

Les portraits du Fayoum

On retrouve également à partir de 1880 en Égypte les énigmatiques portraits du Fayoum [3] datant des trois premiers siècles de notre Ère. Les portraits du Fayoum concernent des Romains momifiés en Égypte, les visages étant recouverts d’un mince panneau de bois ou d’un linceul en lin, sur lequel était peint le portrait du défunt.

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Momie à portrait d’Eudaimôn. IIème siècle ap JC. Antinoé ? Bois peint à l’encaustique, toile de lin. Musée du Louvre.
source http://jfbradu.free.fr/
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Portrait féminin de Hawara, oasis du Fayoum, (110-130 ap.J.C.). Musée national d’Edimbourg, Ecosse.
source rfi.fr
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Portrait de jeune femme à l’encaustique sur bois. 42 cm x 23 cm - vers 138-161 - Provenance : Hawara. Musée du Caire.
source http://jfbradu.free.fr/
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Portrait de soldat à l’encaustique sur bois. 41 cm x 20 cm - vers 110-130 - Provenance : el-Roubayat - (collection Graf). Vorderasiatisches Musum - Berlin.
source http://jfbradu.free.fr/

Notes

[1] La scolastique désigne l’enseignement dispensé au Moyen Age dans les écoles placées sous la juridiction de l’Eglise du Xe au XVIe s. Elle consiste à relier les dogmes chrétiens et la révélation divine à la philosophie gréco-latine dont Aristote était la référence. La scolastique tenterait donc de résoudre les contradictions entre la science et la foi, en présentant la philosophie antique comme cautionnant la théologie. Pour information on retrouve encore chez Ambroise Paré dans ses oeuvres complètes un discours et une justification toute scolastique, même lors de son approche pourtant très scientifique de la médecine, ce qui peut paraître étonnant aujourd’hui mais pourtant bien normal pour l’époque ou politiquement correct qui sait...

[2] enfouie suivant l’endroit sous vingt mètres de lave ou sept mètres de cendre à la suite de l’éruption du Vésuve en l’an 79

[3] Les portraits du Fayoum : pour en savoir plus voir le site du professeur JF Bradu, professeur agrégé d’histoire-géographie.

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